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... dans la nuit du 4 au 5 février 1994, à Rennes, après une véritable journée d'émeute entre marins-pêcheurs et forces de l'ordre, le Parlement de Bretagne était la proie des flammes ...<br />
A QUI LA FAUTE ... ?
A l'époque des faits j'étais conseiller régional de Bretagne.
Nous étions invités, ce 4 février, à la signature du contrat de plan Etat-Région. Edouard Balladur, premier ministre était présent et accompagné de 5 de ses ministres. Inutile de dire que pareille venue n'avait pas manqué de mobiliser, tous les salariés et fonctionnaires des secteurs d'activités que ces derniers représentaient.
J'avais pu remarquer, dés ce matin du 4 février, à mon arrivée à Rennes, le décalage entre le climat qui régnait depuis plusieurs semaines, "un peu inquiet au sein de l'institution." (des conseils de sécurité avaient été donnés à chacun) et l'apparente absence de tout filtrage de sécurité pour accéder - à pied - au Conseil régional, situé prés de la Préfecture de Région.
C'est pourquoi dés que j'ai appris,avec beaucoup d'émotion, étant reparti à Saint-Brieuc, le drame qui s'était joué dans la nuit,beaucoup de faits me sont revenus en mémoire.
Du fait de mon activité professionnelle, j'ai en effet l'habitude d'intégrer, en terme de prévention, les risques découlant de l'organisation de grandes manifestations.
Aussi ai-je été alerté par un certain nombre de prises de position assez inhabituelles en terme de rapidité de décisions, qui plus est sur le plan financier, au plus haut niveau, pour assurer la reconstruction de l'édifice.
Alerté aussi de la création immédiate d'une association "pour la renaissance du Parlement de Bretagne"... cela alors que tout un chacun savait que le nom habituel attribué était le Palais de Justice ?
Alerté aussi de voir tout de suite, les "projecteurs" braqués sur le concierge et les marins-pêcheurs jetés en pa^ture à la vindicte populaire ...
Aussi, trés peu de temps aprés,lorsque je me suis vu opposer un refus de la part du président Bourges à ma demande d' enquête administrative, alors qu'à ce moment-là, il n'y avait pas, de ma part, suspiscion de malveillance,j'ai indiqué que je ferai ma propre enquête. Celle-ci devant porter sur les manquements, fautes et négligences ayant été "la cause" de l'incendie. Ma volonté d'enquêter procédait également du fait que le président avait eu une parole malheureuse pour justifer de son refus : "vous n'avez pas le sens de l'Etat!"... Ce qui, de facto était une manière d'engager la responsabilité de l'Etat ? restait à voir à quel niveau.
J'ai réalisé cette enquête pour répondre à de nombreuses questions :
Pourquoi le président Bourges a-t-il pas refusé l'enquête administrative que je lui demandais alors que sur le plan judiciaire il n'y avait rien d'engagé ?
Pourquoi n' a-t-on parlé que des marins-pêcheurs alors qu' il y avait, ce même jour 21 manifestations différentes ?
Pourquoi la Ville de Rennes a-t-elle été sacrifiée?
Pourquoi l'Etat n'a-t-il pas déposé une plainte autre que celle, contre le seul "concierge ?" ...
Pourquoi le Préfet de Région, en charge de tout le dispositif de sécurité, n'est-il arrivé que depuis une quinzaine de jours ?
Et en avançant d'autres interrogations se sont faites jour :
Pourquoi le dépaysement du dossier d'instruction n'a-t-il pas été accepté par le Garde des Sceaux Pierre Méhaignerie? ...
Pourquoi les élus du Conseil régional de Bretagne, de gauche et de droite, se sont-ils comportés, par leur silence coupable, comme des ''complices passifs'' ... à l' exception d' une vingtaine d' entre-eux ?
Pourquoi Monsieur Hervé - Maire de Rennes - n'a-t-il pas déposé plainte, ne s'est-il pas constitué partie civile malgré sa promesse de le faire, cela à deux titres, personnellement parce qu' il avait été molesté par des manifestants (dont l'appartenance est aujourd'hui connue) et sauvé (de son propre aveu par les marins-pêcheurs ! et au titre de la ville préjudiciée dans son patrimoine ?
Pourquoi toute la lumière n'a pas été faite ? ...
Pourquoi le procès de Monsieur Hirel, le concierge, n'a pas eu lieu ... ?
Depuis 1994, lors de toutes les rencontres que j'ai eues lors de salons du livre, de conférences, j'ai recueilli un grand nombre de témoignages de personnes, dont certaines responsables à un haut niveau, qui corroborent ce qui au début n'ont été que des hypothèses que j'avais faites en tenant compte des éléments troublants qui se découvraient à moi.
Ma démarche est toujours aujourd'hui de permettre à la vérité d'être faite pour que justice soit rendue au concierge et aux marins-pêcheurs.
Il ne s'agit pas, en effet, d'un incendie accidentel comme on l'a tout de suite dit mais comme je l'ai démontré, d'un incendie criminel.
Depuis il y a eu le Crédit Lyonnais.
L'incendie du Parlement de Bretagne a, avec celui-ci, beaucoup plus que des similitudes.
Voir la présentation des livres :
"Le vendredi noir de la Bretagne"
Editions L'Echarpe
"L'incendie de la Paillote bretonne"
Editions L'Echarpe
Date de création : 22/12/2008 @ 17:59
Dernière modification : 23/12/2008 @ 11:55
Catégorie : BRETAGNE Incendie Parlement
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